Zoom

Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 13:55

queteoiseau.jpg  

 

Suite à la critique du tome 2 de la préquel (Avant la Quête T.2 : le Grimoire des dieux ), il m'a semblé nécessaire de revenir de manière plus développée sur les deux oeuvres (la préquel et La quête de l'Oiseau du Temps) et leurs différences.

Car voici venir le temps des "mais..." et des "comparé à...." que je n'ai pu m'empêcher de venir me titiller à la lecture de cette préquel et je suppose que je ne suis pas le seul.

Impossible de lire ce nouveau cycle sans penser constamment à l'Autre, le chef-d'oeuvre de la fantasy en bande dessinée (c'est mon avis). Une situation qui rappelle d'ailleurs un certain Star Wars dont l'exemple s'impose (une préquel de qualité moindre, du moins pour les épisodes I et II).

Et quelque soient les mérites des deux premiers tomes de cette préquel et malgré le fait que ce sont les mêmes auteurs qui officient, la constatation s'impose : on reste en-dessous de la Quête. Et ce sentiment est rattaché, outre les histoires proposées, à deux aspects en particulier : les personnages et l'émotion. Mais comme il serait injuste de comparer ces deux tomes de la préquel à la Quête dans son intégralité, je me contenterai toujours de mettre en vis-à-vis les deux tomes de chaque cycle. Ce qui me semble déjà assez éclairant.

 

Les personnages

 

Malgré le fait que certains personnages sont évidemment repris (Bragon et Mara au premier chef), il faut avouer que ni ceux-ci ni les personnages secondaires n’inspirent le même intérêt que dans la Quête. Ou disons plus clairement : pas la même sympathie (ou empathie, ou même antipathie) ce qui renvoie au problème de l'émotion.

Les auteurs peinent à retrouver la force et l'humour cocasse qui existait dans le trio vedette de la Quête : Bragon vieillissant, Pélisse et Messire L'inconnu (auxquels on pourrait ajouter Bulrog par la suite).

Dès le milieu de La conque de Ramor, ces trois-là nous faisaient pleinement adhérer à leur aventure. Il y avait de l'entrain, des dialogues souvent savoureux autant dans le registre humoristique que dans la gravité (en comparaison, ceux du nouveau cycle ne laissent aucune trace dans ma mémoire) et surtout une alchimie entre les trois (ou quatre) qui fait défaut aux personnages de la préquel. Même l'amitié entre Bragon et Javin, pour rafraîchissante qu'elle soit, ne fait pas d'étincelles (juste quelques gnons).

 

Mais la différence la plus marquante reste bien sûr Pélisse, un personnage qui porte littéralement toute l'histoire de la Quête (rien d'étonnant à ce qu'elle soit présente sur toutes les couvertures, du moins dans la première édition) mais aussi et surtout impose une présence physique...hum...disons qui ne passe pas inaperçue et une forte personnalité. Sans Pélisse, la Quête n'aurait pas été la même, tant le personnage est emblématique.

En comparaison, la jeune Mara de la préquel - malgré un physique presque aussi flamboyant - paraît bien terne et a beaucoup de mal à s'imposer dans l'histoire autant que dans l'esprit du lecteur. Capricieuse et égoïste dans le tome 1, gagnant un peu en maturité dans le tome 2, elle demeure malgré tout un personnage sans grand relief comparé à sa future "fille".

Quant à Bragon, il a au moins une excuse, guidée par la logique scénaristique : on ne peut pas demander à un jeune homme encore inexpérimenté d'avoir la même présence imposante affichée par l'homme mûr qu'il deviendra plus tard mais aussi cette nostalgie mélancolique qui rendait le vieux Bragon si touchant.

C'est sans doute une des raisons qui expliquerait l'inconsistance des personnages de cette préquel, du moins en ce qui concerne Bragon car pour Mara, le problème est bien ailleurs : son inconsistance ne vient pas de sa jeunesse (Pélisse l'était tout autant) mais de sa personnalité même et ce quelques chose de supplémentaire qu'il est si difficile de définir chez les êtres (imaginaires ou réels) mais qui fait toute la différence entre celui qui attire l'attention, dont la seule présence irradie, et les autres. Pélisse était un des ces êtres solaires (même imaginaire) là où sa "mère" n'est, au mieux, qu'un joli brin de fille qui ne "crève" pas le papier jusqu'ici.

 

Autre type de personnage important (en tout cas toujours plaisant dans ce genre d'histoire) : l'antihéros, le pitre, le rigolo de service, le poltron, voir le combinard malchanceux. Dans cette catégorie difficile (car un tel personnage peut vite devenir agaçant), le Messire l'Inconnu de la Quête reste lui aussi dans les mémoires, non seulement par ses traits de caractère mais aussi ses rapports (notamment avec Pélisse) très cocasses. Un personnage qui, sans en avoir l'air, finissait en plus par évoluer et se bonifier au fil de la Quête.

Qu'en est-il dans la préquel ? Quel personnage de ce type peut se vanter d'emporter la même adhésion et la même sympathie auprès du lecteur ? Je ne vois vraiment pas.

Slavon peut à la rigueur inspirer une certaine sympathie (malgré une mentalité douteuse au début) pour peu qu'on ne soit pas du genre à juger trop hâtivement et sévèrement un personnage. Mais avouons qu'il reste tout de même peu marquant et que ses rapports avec Bragon sont à l'avenant.

 

Venons-en ensuite à un type de personnage essentiel (qu'on se rappelle ce que disait Hitchock à ce propos) : le méchant, le salaud, le "bad guy". Ou, plus généralement, le personnage s'opposant au(x) héro(s).

Qu'on se souvienne d'abord de certains d'entre eux dans la Quête et surtout de ceux qui gardait un caractère ambivalent (ami ou ennemi ?) intéressant tel que Fol de Dol. Mais aussi et surtout Bulrog, "méchant" à la stature qui frappait déjà l'esprit dans les deux premiers tomes et que la rédemption aussi inattendue qu'émouvante finissait d'en faire un personnage très "humain" et mémorable.

Ou encore le personnage trouble, inquiétant (Le Rige).

Qu'avons-nous à nous mettre sur la dent dans la préquel ? Une bande de fanatiques anonymes, interchangeables, pour commencer (l'Ordre du Signe) qui n'inspirent pas tant l'inquiétude que le mépris, ou pire : l'indifférence. Et, pour le tome 2, Aspyr, une brute épaisse sans personnalité, un simple figurant sur le chemin de Bragon vers une destinée qu'on lui souhaite plus reluisante.

Triste.

Quant à tous les autres personnages (secondaires, créatures diverses), on constate aussi à quel point la préquel en est avare, se contentant le plus souvent de reprendre des créatures déjà rencontrées dans la Quête. Et aucun n'est aussi mémorable qu'un Fol de Dol, par exemple.

 

 

L'émotion

 

La Quête s'est toujours distinguée pour moi du tout-venant de la fantasy par une palette d'émotions riche et complexe qui relèguent loin derrière beaucoup d'autres BD puérils du genre comme on n'en trouve que trop sous un certain Soleil (la collection) : l'aventure primausetière et l'humour voisinaient avec la tristesse, la nostalgie, l'amertume, la "vieillesse ennemie" du héros, l'amour filiale, le doute, etc...

Pour aboutir évidemment à une fin (je vais éviter de "spoiler") tellement poignante (et cruelle) que j'ai eu du mal à m'en remettre (j'exagère à peine).

 

Les deux premiers tomes de la Quête restaient pourtant encore superficiels sur le plan de l'émotion (un premier tome privilégiant surtout l'humour et le rythme, un second qui laissait toutefois déjà percer pas mal d'amertume, surtout dans sa conclusion) avant de s'assombrir considérablement à partir du Rige et exacerber les sentiments sans pour autant virer à l'hystérie.

Je me souviens en particulier - et outre les péripéties de ce genre d'histoires - des attentions touchantes d'un Bragon envers sa "fille" qui lui offrait une seconde jeunesse (ou un dernier baroud d'honneur, en tout cas), de la mort pathétique de Bodias, d'un Fjel saisi par le doute, du revirement de Bulrog, etc...

Je n'ai même pas besoin de refeuilletter ces albums pour m'en souvenir avec précision.

Je ne peux en dire autant de L'ami Javin et du Grimoire des dieux. Si la valeur d'une oeuvre se juge non pas tant au moment de la lecture mais aux traces qu'elle creuse dans votre mémoire (et je le crois), alors cette préquel est presque aussi volatile que l'éther. La lecture du second tome est encore fraîche, elle n'a pas encore eu l'occasion de se décanter si on peut dire. Mais cinq jours seulement après l'avoir lue, j'ai déjà des trous de mémoire, alors que les deux premiers tomes de la Quête s'était imposés d'emblée.

Les sentiments des personnages de cette préquel et leurs rapports sont aussi peu amusants qu'émouvants, de micro-événements se succèdent sans qu'on puisse vraiment parler de Grande Aventure. Bref, comme je l'ai déjà dit dans ma critique du Grimoire des Dieux, tout cela manque de souffle, de panache et d'intensité. On assiste seulement à l'éclosion laborieuse des premiers signes d'une belle oeuvre à venir.

 

Le Tendre (pourtant aidé de Loisel) aurait-il perdu son inspiration ou son enthousiasme ?

Ou bien cette préquel était-elle, dès le départ, une mauvaise idée, étant donné que le meilleur ayant déjà eu lieu, il ne restait plus que quelques trous à remplir ?

Il reste encore deux tomes à venir mais, sans aller jusqu'à dire que "les jeux sont faits et rien n'ira plus", et même si les tomes 3 et 4 se révélaient formidables (encore que j'en doute), ils leur faudraient néanmoins toujours compter avec ces deux premiers opus franchement très moyen qui risquent d'handicaper l'ensemble.

Il me restera toujours la possibilité de nuancer un peu mon texte après coup.

 

Par EdenBlog - Publié dans : Zoom
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 13:31

Le tournant excessivement religieux/spirituel prit par Battlestar Galactica, particulièrement dans cette saison 4 (voir ma critique : Battlestar Galactica (saison 4 - partie I) ), me rappelle encore une fois à quel point les films et séries américaines de SF (sans parler des autres genres) ne peuvent apparemment concevoir certaines histoires sans convoquer le catéchisme chrétien et ses références bibliques béatifiantes qui ont toujours le don de m'irriter. Certes, on pourrait affirmer que cette religiosité révèle la psychologie des personnages, motive leurs actes tout en donnant un vernis de spiritualité à l'ensemble mais voilà justement ce qui me gêne.

Il semble toujours que pour les scénaristes américains, la religion est souvent l'étape nécessaire, la condition sine qua non pour aborder de grandes questions et étoffer leurs personnages d'après le principe selon lequel "l'être qui a la Foi est plus consistant que le vilain sceptique qui doit se sentir bien vide à l'intérieur". 

Hors, l'idée selon laquelle la spiritualité donnerait plus de profondeur à un personnage est aussi aberrante (et fausse) que d'affirmer que la charité et la compassion seraient des vertus essentiellement chrétiennes. Est-ce donc si difficile pour un scénariste américain d'imaginer un personnage à la psychologie fouillée et aspirant à quelques chose qui soit plus grand que sa petite personne sans se référer instantanément à la Bible ? Apparemment oui. Ce désir de sortir du "tout à l'égo" ne peut, pour les descendants du Mayflower, qu'être la "chasse gardée" de la religion.

Problème : 99,9 % de tout ce qui se fait en SF et fantastique au cinéma et en séries TV provient du pays du Chanoine Sam. Pas facile d'être un amateur de ces genres dans ses conditions et on n'a guère d'autre choix que d'avaler les couleuvres qui nous sont souvent servies ou changer de crémerie (mais pour quelle autre quand l'Amérique détient quasiment le monopole du genre ?).

 

J'ai toujours le sentiment qu'avec le cinéma (et les séries) des américains, il ne peut y avoir que deux camps (répartition classique) et ceux-ci sont souvent inégalement considérés : les pragmatiques/sceptiques bornés d'un côté, les spiritualistes/religieux à l'esprit ouvert de l'autre. Et les seconds sont presque toujours privilégiés au détriment des premiers. Quelques exemples éloquents sont données dans des séries comme Lost (avec Locke en homme de foi qui se la joue mystérieux face à un Jack "bêtement" pragmatique) ou des films comme Contact (voir plus bas) et Matrix.  

Pour en revenir à Galactica et à cette saison 4 en particulier, était-il nécessaire de faire tomber certains personnages dans le potage réchauffé rempli de références judéo-chrétiennes et aux discours nébuleux du genre "je sens quelque chose qu'il est impossible d'exprimer avec des mots", "Dieu a des projets pour toi", "J'ai eu une vision fugitive de l'Autre Rive", bref toutes ses phrases faciles censées exprimer le Grand Mystère des Choses. Dans le meilleur des cas, on pense à la célèbre phrase tirée de Hamlet : "Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en contient toute votre philosophie". Soit, je ne suis pas contre l'idée que tout ne peut pas s'expliquer par le raisonnement et une "philosophie du raisonnement" tendance nietzschéenne. Mais le fait est que les scénaristes - malgré tout le talent dont ils font preuve dans les autres sujets - le font avec une telle lourdeur que l'on est souvent plus proche des fadaises d'un Rampa (vous savez le barbu qui voient des lamas en feu dans la Prophétie des Andes qui est le lieu tellurico-sylvestre de l'Ultime Mandala ou un truc dans le genre, je synthétise) que de Shaekespeare !

 

Un autre aspect du problème assez typique de leur manière de faire est le suivant :

si les discours du "messie" Baltar, fatras de lieux communs qui caresse l'auditoire dans le sens du poil en lui disant exactement ce qu'il veut entendre ("Dieu vous aime", "Vous êtes parfaits", etc...) dans un procédé démagogique classique chez tous les gourous ne nous rend pas dupes, nous spectateurs (car il est patent que cette conversion de Baltar est avant tout un moyen bien pratique pour lui de se déculpabiliser de ses fautes, un phénomène connu chez certains criminels) et que la présidente Roselyne et Adama ne le sont pas davantage (dupes), le scénario n'en fait pas moins dire à ces personnages pragmatiques que, sans le savoir, Baltar pourrait avoir "touché du doigt quelque chose". Stratagème bien connu qui, sous couvert d'ouverture (ne négligeons aucune possibilité) est surtout encore un moyen astucieux de légitimer la direction religieuse prise par la série.

Le cas de Baltar est d'autant plus intéressant que celui-ci, ne l'oublions pas, est un scientifique. Par une méthode assez perfide dont les scénaristes US ont le secret, il était trop tentant de faire tomber l'homme de science de son piédestal arrogant en le faisant douter et épouser finalement la cause d'un spiritualisme autrement plus en faveur dans public américain (disons-le tout net : le grand public hait la science, principalement parce qu'il a du mal à en assimiler les rudiments, alors que les idées religieuses et pseudo-spirituels sont accessibles à tous).

Ce procédé scénaristique est assez fréquent dans le cinéma US et dans sa science-fiction, comme le montre par exemple le film Contact de Zemeckis dont la présence d'une religiosité incarnée par Matthew McConaugghey (je parle de son personnage qui, devant toute affirmation scientifique, se contente d'adopter un sourire plein de suffisance et de mystére - encore et toujours - et de nous sortir les vieilles casseroles du genre "les voies du seigneur sont impénétrables") m'a laissé perplexe. En quoi le contact avec une race extra-terrestre (qui, par ailleurs, ignore peut-être l'idée même de religiosité) doit-il obligatoirement renvoyer à la religion ? Je l'ignore mais c'est encore une approche du problème typique du "Dieu est dans toutes les questions et dans les studios de cinéma" à l'américaine.

C'est en tout cas le prétexte idéal pour ouvrir toutes grandes les vannes (célestes) du mysticisme à tout crin et faire adopter aux personnages des attitudes mystérieuses et absconses (encore ce mot, et pas dans le bon sens du terme en ce qui me concerne) qui auraient valeur, encore une fois, de profondeur. Et je ne parle même pas de Morpheus dans Matrix dont les petites phrases philo rappellent surtout celles que l'on trouve dans les gâteaux chinois.

 

Mais c'est ainsi : dans la culture populaire audiovisuel américaine qui s'adresse au plus grand nombre (c'est un peu différent pour la littérature de SF où les auteurs ne convoquent pas Dieu à tout propos), il faut poser ses histoires sur des bases, des références qui ont faits leur "preuve" (si on peut utiliser ce mot ici) parmi lesquelles : la religion, la spiritualité, les images bibliques, sois-disant seuls capables, selon les critères américains, d'illustrer des questions philosophiques et métaphysiques (bref tout ce qui sort de la sphère du pur matérialisme ou de la psychologie).

 

Alors, oui, je regrette la direction prise par Galactica qui fait du voyage vers la Terre une espèce de Chemin de Damas, de quête mystique à coups de visions et de prophéties (ce thème des prophéties, de L'Elu, est trop souvent exploité dans la SF, le fantastique et la fantasy américaine !).

Il était intéressant, c'est vrai, d'intérioriser ce chemin, d'en faire un cheminement à la fois spatial mais aussi mental. Mais je l'aurais préféré nourri de philosophie-agnostique, sans qu'il soit nécessaire de faire appel à la religion ou au mysticisme, pour faire une série abordant des sujets intéressants, complexes, profonds, troublants, qui s'attachent à la psyché humaine (ou Cylon) et étoffer des personnages.

Je pense que le mieux serait pour moi d'aborder dorénavant Galactica comme les romans de Philip K. Dick (avec lesquels la série possèdent beaucoup de points communs) : prendre ce qui m'intéresse (le thème du simulacre, la problématique de l'identité, le pouvoir politique, les relations entre les personnages, entre autres) et ignorer sciemment tout le fatras mystico-religieux auquel l'auteur californien s'est lui-aussi adonné en bon américain.

Encore que pour les premiers épisodes de cette saison de Galactica, ce n'est pas pas évident tant cette religiosité est omniprésente, alors que Dick savait souvent évoquer des problèmes d'ordre religieux (qui ne regardaient que lui) de manière détournée sans que cela soit trop gênant pour le lecteur réfractaire à ces idées (excepté pour la Trilogie Divine, que je n'ai de toute façon pas lue).

Par EdenBlog - Publié dans : Zoom
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés