Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 14:01



XIXiè siècle. Ariane, une jeune fille de bonne famille mais rongée par l'ennui, se passionne pour les exploits d'un cambrioleur qui prend les aristocrates pour cible. Afin de le rencontrer, elle devient voleuse à son tour, parcourant les toits de la ville nocturne. Mais elle va se retrouver bientôt au coeur d'intrigues politiques qui divisent aristos progressistes et bourgeois passéistes. De quoi lui faire progressivement ouvrir les yeux sur une société peu propice aux élans romantiques.

En voilà une belle découverte ! Cette BD injustement méconnue, que j'ai dénichée par hasard chez un bouquiniste sans trop savoir à quoi m'attendre, est un petite merveille. En voyant la couverture du tome 1, on pense forcément à Fantômas (les romans de Souvestre et Alain, les films de Louis Feuillade) mais aussi à Belphégor et Arsène Lupin, bref tout l'univers poétique et bon enfant d'une certaine tradition feuilletonesque où il est de bon ton de porter le masque, mystère oblige !
Pourtant, de prime abord, le dessin ne m'attirait pas. Plutôt étrange - surtout les personnages de petite taille avec une tête disproportionnée. Un dessin qu'on pourrait qualifier "d'expressionniste", à l'instar de ceux des Sfar, De Crécy, Larcenet, des dessinateurs avec lesquels j'ai toujours eu un peu de mal je l'avoue.
Mais l'ambiance qui se dégage des planches et les cabrioles de cette espèce de Catwoman version XIXè sur les toits a eu raison de mes réticences initiales.

Car le scénario, qui n'est pas en reste, est une petite merveille où l'humour (du meilleur cru) et la légèreté n'empêche pas pour autant la critique sociale d'une époque au clivage de classes très stricts et bien étanches. Bref, on marche sur du velours mais avec quelques pointes bienvenues qui dépassent de la moquette : une héroïne très attachante qui commente son aventure en voix-off avec un humour à la fois désinvolte et (faussement) candide, un contexte politique où sont renvoyés dos à dos les Passéistes (des bourgeois à l'esprit étroit qui ne pensent qu'à faire fructifier leur capital) et les Modernistes (une bande de snobs pompeux et décadents qui, sous le vernis d'un libéralisme ne sont eux aussi préoccupés que de leur intérêt).
Le constat est clair : quel que soit le mouvement, le parti, on y trouve les mêmes tares, les mêmes hypocrisies. Et notre héroïne, cambrioleuse plus par désoeuvrement et un élan romantique mal placé que par appât du gain, l'apprendra à ses dépens.

Ajoutez à tout cela une journaliste lesbienne au caractère bien trempé, un "homme" mystère au physique plutôt... inattendu avec lequel notre adorable monte-en-l'air entretient une histoire d'amour peu orthodoxe, un laboratoire digne d'une savant fou où se pratiquent des expériences forcément inquiétantes, des politicars assoifés de pouvoir, une baronne à la libido exacerbée qui joue les Madonne des sleepings auprès de sa cour de jouisseurs décatis et vous aurez en vrac les ingrédients d'une BD sacrément appétissante, qui parvient à faire se cotoyer la poésie lunaire et les soubresauts plus pragmatiques d'une humanité égoïste et mesquine.

La série compte trois tomes :
- L'homme mystère
- Les heures noires
- La maison de pénitence

Par EdenBlog - Publié dans : Bandes dessinées
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 13:56



Quatrième de couverture
:
Inventer un fantôme, afin de démontrer la supériorité de l'esprit sur la matière ? C'est l'expérience à laquelle se livrent Sam Towne, docteur en parapsychologie de l'Université de Manhattan, et son amie, la jeune et séduisante Joanna Cross, qui n'aime rien tant qu'à démystifier les charlatans. En compagnie d'une équipe de volontaires, ils créent de toutes pièces Adam Wyatt, héros américain de la guerre d'Indépendance, compagnon de la Fayette et époux d'une des favorites de la reine Marie-Antoinette ; bref un personnage historique plus vrai que nature avec lequel ils parviennent de surcroît à entrer en communication. Hélas, ils réussisent si bien leur affaire qu'il va désormais leur falloir trouver un moyen d'éliminer le spectre dont la présence, dont la présence devient vite insupportable...

Ce qui frappe d'emblée dans ce roman - et qui m'a incité à le lire - est son postulat de départ original qui se distingue agréablement des sempiternelles ghost story classiques. Cette idée d'un fantôme qui ne serait pas une manifestation de l'au-delà mais une pure création sortie de la psyché d'humains bien vivants titillait mon intérêt car elle rejoint un de mes sujets de prédilection dans le domaine SF : la perception du réel. Qu'un roman fantastique puisse s'attaquer lui-aussi à ce thème éminemment conceptuel est assez rare pour être noté.


Selon le principe baudelairien que "ce qui est créer par l'esprit est plus vivant que la matière" (ou du moins tout autant dans ce cas-ci), David Ambrose propose donc une histoire fascinante où un personnage fictif, fruit des fantasmes des participants à l'expérience, se met à acquérir une réalité de plus en plus tangible : sa présence devient peu à peu envahissante, son nom apparaît subitement dans les livres d'histoires de même que sa tombe, et il parvient même à se créer un descendant ! Confrontés à une expérience qui leur échappe, les vivants les plus réfractaires ne tardent pas à se faire éliminer par cette créature qui exprime haut et fort son droit à la vie et à une réalité pleinement objective, alors qu'il n'est pourtant que la somme de plusieurs subjectivités. Mais n'est-ce pas là, au fond, une définition possible du consensus objectif dans lequel nous vivons quotidiennement ?


Superstition

n'a pourtant rien d'un ouvrage abstrait et intellectualisant car sa fonction première reste avant tout de divertir. Ainsi, bien que son rythme soit relativement lent, il sait enchaîner les situations imprévues et inquiétantes qui parviennent à relancer constamment l'intérêt, jusqu'à un dénouement qui ne déçoit pas.
De ce point de vue, le roman a un peu les défauts de ses qualités car, malgré un sujet aux perspectives aussi vertigineuses, on pourrait reprocher à Ambrose de ne pas développer tout son potentiel et se contenter d'un roman à suspense bien ficelé, très bien construit et manifestement destiné à un large public. On peut imaginer ce qu'un tel sujet donnerait sous la plume d'un Christopher Priest, par exemple. Mais l'aspect "divertissement" n'est certainement pas une tare en soi et permet une lecture fort agréable.


L'autre réserve que je ferais est, par contre, plus problématique, même si elle paraît en contradiction avec tout ce que je viens de dire. C'est que ce roman semble marqué par le paradoxe (tout comme mon texte) - c'est le mot qui m'est venu à l'esprit pendant sa lecture. En effet, cette idée d'un spectre conçu par l'esprit, si elle est originale et riche en potentialités, paraît pourtant encore plus fantastique (donc invraisemblable) qu'une bonne vieille histoire de fantôme classique. Autant nous sommes habitués à ces histoires d'outre-tombe et à leur message implicite (la mort n'est pas une fin, CQFD) qui ont l'avantage de ne demander aucune explication, autant cette perspective d'une créature issue de la psyché de personnes vivantes paraît justement moins... crédible et nécessite donc de la part de l'auteur - par le biais de son personnage de Sam Towne - tout un discours explicatif et sois-disant scientifique un peu pesant pour crédibiliser son propos (la première partie du roman pourrait en décourager certains) et les événements qui vont suivre.


C'est le prix à payer quand on veut s'éloigner des chemins balisés du fantastique pour proposer une approche inédite qui demande au lecteur une "suspension temporaire de l'incrédulité" (dixit Tzvetan Todorov) encore plus importante que d'habitude. Et, de la part d'un roman qui se voudrait "rationnel", ce n'est pas là le moindre des paradoxes.

Par EdenBlog - Publié dans : Littérature fantastique
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 13:45



Richard Collier, scénariste pour la télévision, souffre d'une maladie incurable et n'en a plus pour longtemps à vivre. Aussi, il décide de profiter du temps qui lui reste pour voyager au hasard à travers le pays, jusqu'à ce qu'il arrive à un hôtel en bord de mer, lieu de villégiature qui a connu son heure de gloire au XIXiè siècle. Là, il tombe sur un vieux portrait d'une actrice de l'époque dont la beauté l'obsède à tel point que, par le simple pouvoir de sa volonté, il parvient à remonter le temps pour la rencontrer. Commence alors une histoire d'amour entre Richard et l'actrice, par delà les contraintes du temps. Mais ce dernier finira par prendre sa revanche...


Ce roman est plutôt atypique dans l'oeuvre de l'écrivain : il y fait preuve d'une sentimentalité rare chez lui, d'une certaine mélancolie aussi. Même l'écriture est très différente : Matheson abandonne son style froid et dépouillé pour une écriture plus détaillée. Beaucoup trouveront sans doute la première partie un peu trop longue mais elle permet de bien rendre compte de l'obsession du personnage et prépare sa plongée dans le passé.
C'est d'ailleurs l'aspect que j'ai trouvé le plus remarquable dans cette histoire de voyage dans le temps : faire ressentir au lecteur le passage du XXè siècle au XIXè grâce à un grand nombre de détails peu exploités dans les autres histoires du même genre : les étoffes, les textures, les parfums, l'éclairage, la nourriture et même...l'air (le personnage se fait soudain la réflexion qu'il est en train de respirer l'air du XIXè siècle. J'avais trouvé cette idée très forte).

Bref, dans ce roman, le voyage dans le temps n'est pas seulement, comme dans bon nombre d'histoires de SF, un simple jeu spéculatif avec paradoxes. Matheson y ajoute une dimension plus sensuelle, plus palpable. Je crois qu'aucun roman de SF n'a été aussi loin pour immerger le lecteur dans une autre époque.
Même si ce roman n'est pas son meilleur, il faut lui reconnaître, en plus d'une histoire poignante, cette particularité très intéressante.

Par EdenBlog - Publié dans : Littérature de science-fiction
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 13:36



Le narrateur est un homme de trente-cinq ans, qui travaille dans un bureau. Sans qualités particulières, insignifiant. Une existence sans consistance faites de routine, de liaisons éphémères, d'ennui permanent. Ce manège dure depuis quinze ans. Notre homme n'apprécie guère cette vie mais est incapable d'en changer, n'ayant aucune prise sur les événements. Aussi, c'est le hasard qui décide pour lui. Un jour, il reçoit d'un oncle inconnu, récemment décédé, un héritage, assez substanciel pour arrêter de travailler. Il quitte ses collègues sans regret, ainsi que sa minable petite chambre mansardée avec toilettes partagées sur le palier. Une nouvelle vie commence - plus excitante ? - du moins pourrait-on le penser. Le narrateur déménage pour s'installer dans un appartement confortable situé en banlieue. Après le premier enthousiasme de cette liberté insespérée nouvellement acquise, notre homme s'enferme pourtant dans une nouvelle routine, pire que la précédente, non plus dictée pas les impératifs sociaux mais par des obsessions plus personnelles. Le narrateur se retire de la vie, s'isole du monde extérieur et sombre peu à peu dans une espèce de solipsisme destructeur, alimenté par d'irrépressibles cogitations philosophiques. Et avec elles viennent l'angoisse, la sarabande des questions sans réponse et la vision d'un monde qui perd de plus en plus de sa réalité.


Ce roman singulier - le seul écrit par Ionesco - n'est pas sans rappeller A rebours de Huysmans (livre que je n'ai jamais réussi à finir). On y retrouve un thème similaire, une abscence d'intrigue. Mais la prose de Ionesco, extrêmement simple, dépouillée, rend la lecture du Solitaire nettement plus digeste (celui-là, au moins, j'ai pu le finir !). Le roman montre enfin (et surtout) à quel point l'individu, pour garder un minimum d'équilibre mental, ne peut se passer de deux choses :


- interragir avec son environnement et ses semblables


- se distraire le plus souvent possible pour oublier l'absurdité de sa condition, quitte à sacrifier un peu de lucidité au passage.


Le narrateur de ce roman sans réelle histoire a le malheur de vouloir ignorer les deux. Au fond, il n'est en peut-être pas responsable. Il souffre d'une étrange maladie qui le pousse à ne plus jouer le jeu social, à lui préférer l'isolement, l'introspection en continu ("je voudrais ne plus penser" répète t-il plusieurs fois), le monologue philosophique qui tourne à vide. Dans ces conditions, l'homme devient soit un mystique, soit un fou (mais n'est-ce pas la même chose au fond ?). Et cette conscience exacerbée de lui-même, ce regard détaché qu'il jette sur un monde qui, à force, perd de sa réalité, de sa substance, le mène à une angoisse existentielle. Si, comme ne cesse de nous le répéter les scientifiques, l'homme est un animal social, ce n'est pas tant pour des raisons biologiques ou sociales, mais ontologiques. S'il tourne le dos à cette évidence, c'est son essence même qui le taraude et finit par l'asphyxier. L'homme ne peut regarder longtemps en face sa condition de "roseau pensant" et se prétendre autosuffisant. Qu'il le veuille ou non, sa vie ne peut être relativement supportable qu'en usant de stratagèmes sociaux qui le divertisse autant qu'ils l'aliène. Sans cela, pas d'intrigue, pas d'enjeux, pas de vie. Le narrateur de Ionesco se perd dans le labyrinthe sans issue de son esprit (voir la couverture). La lucidité ? Il en faut bien un peu mais à dose homéopathique, et à utiliser à bon escient.


Il y a sans doute aussi une certaine vanité à ne pas vouloir jouer le jeu social et se dire lucide, mépriser les autres pour leur docilité, leur petite existence étriquée et pleine de soi-disant repères qui ne sont qu'autant d'illusions. Sans doute. Sûrement. Mais cette conscience aigüe dont cet homme est si fier, il la paie au prix fort, celui de la dériliction.


Il s'égare dans des considérations absconces sur l'infini, l'étrangeté, le pourquoi- du- comment- qu'est-ce, l'impossible savoir, l'accès à la grâce, etc...etc... Pourtant, l'homme le dira lui-même : "Il ne faut pas philosopher quand on n'est pas un grand philosophe". Et j'aurais pour ma part envie de dire : "et même dans ce cas..." Combien de "grands" philosophes ont perdu leur temps à cogiter dans leur tour d'ivoire et vu la vie leur passer sous le nez ? Et pour quel résultat ?


Ce roman de Ionesco, je le vois comme un avertissement. Je dirais même qu'après l'avoir lu, je me sentais subitement plus enclin au pragmatisme et je n'avais plus qu'une envie : sortir dans la rue, parler de la météo et me distraire. Le Solitaire est un livre dont je conseille fortement la lecture. Mais il a une autre vertu salutaire : celle de faire l'inventaire de tout ce que l'homme doit éviter, sous peine d'incarner à jamais le Minotaure de son propre esprit.


De ce point de vue, Le Solitaire est un exemple...à ne pas suivre.

Par EdenBlog - Publié dans : Littérature (mainstream)
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /Août /2008 02:53



Je n'avais pas encore eu l'occasion de découvrir ce classique (ce chef-d'oeuvre) du cinéma. Une lacune dont je viens de mesurer toute l'étendue récemment.


Le film du cinéaste polonais Wojciech Has, sorti en 1965, est l'adaptation de l'énorme roman à tiroirs de son compatriote Jan Potocki, Le Manuscrit trouvé à Saragosse datant de 1797 (pour la première version du moins).
Cette oeuvre-phare de la littérature du XVIIIè siècle - écrit directement en français - mélange allègrement tous les genres connus à l'époque : aventure picaresque, fantastique, gothisme, contes philosophiques, libertinage, vaudeville, histoires de brigand, et bien d'autres. En tout, plus de cent histoires différentes qui s'entremêlent autour d'un fil conducteur : les errances d'un jeune capitaine au service du Roi d'Espagne dans l'étrange contrée montagneuse de la Sierra Morena.
Le foisonnement du roman permet de le comparer aux Milles et Une Nuits ou au Décameron de Boccace, dont il partage l'envergure et le souci de raconter une multitude d'histoires édifiantes. Bref, un monument de la littérature. Mais puisque je suis ici dans la rubrique cinéma, je me concentrerai sur son adaptation.


Le film représentait déjà une tâche dantesque comme on peut s'en rendre compte après cette (petite) présentation du roman de Potocki, qu'on l'ai lu ou non. D'un matériau à la fois consistant (voir indigeste) et à la structure complexe où il était facile de se perdre, Has a apparement su trouver le meilleur chemin pour garder l'essentiel de l'oeuvre écrite, ramenant ainsi son film à une durée raisonnable de trois heures. Il n'en fallait pas moins pour raconter les aventures d'Alphonse Von Worden aux prises avec tant de féeries et de maléfices.


L'histoire se présente en fait comme un récit initiatique où, perdu entre rêve et réalité (de fait, le spectateur comme le héros ne sait jamais très bien où s'arrête l'un et où commence l'autre), Von Worden devra subir une série d'épeuves mais aussi tirer profit des enseignements que recèlent les récits, enchâssés comme des poupées russes, que lui racontent les divers personnages qu'il croise tout au long d'un périple qui n'est pas tant géographique - le jeune homme semble tourner en rond durant tout le film - que mental, fantasmagorique.




La fascination du film de Has tient autant de sa structure labyrinthique que de ses images à la beauté vénéneuse où nous passons, au détour d'un couloir, de l'intérieur rustique et rudimentaire d'une vieille auberge abandonnée à celui de la chambre d'un palais mauresque où attendent de lascives princesses, pour ensuite nous envoyer au pied d'un sinistre gibet où gigotent deux pendus. Et ainsi de suite... 
C'est que Le Manuscrit trouvé à Saragosse se joue de l'espace comme de la temporalité, avec l'effronterie propre aux rêves, superbement indifférent à devoir rendre des comptes à une réalité/rationnalité dont il n'a que faire. 
Pour autant - car ce film décidémment bien insolent cultive aussi le paradoxe - il ne faudrait pas y voir un fatras de visions sans queue ni tête destiné à épater l'amateur de grossiers artifices. Comme je l'ai déjà dit, tout ce tourbillon d'images et d'histoires oniriques ou plus triviales (il n'y a pas ici de contradiction entre les deux) est la substance d'un cheminement qui, s'il emprunte des voies détournées, n'en reste pas moins riche de sens et même d'une (certaine) logique.


De ce point de vue, ce film serait très proche de l'ésotérisme (on y trouve d'ailleurs un personnage de cabaliste), s'il n'avait aussi à coeur d'ironiser sur cette discipline trop pompeuse et de lui apprendre l'humilité en la faisant voisiner avec le vaudeville, voir la farce (voir à ce sujet les récits de toute la seconde partie).


Quand un film conjugue tant d'intelligence, d'humour, d'émerveillement, de lucidité, de verve stylistique, que dire d'autre sinon qu'il s'agit d'une oeuvre-somme mais réalisée pourtant avec une telle absence de prétention, une légèreté de bon aloi, qu'elle ne peut que susciter la sympathie autant que l'admiration.

Par EdenBlog - Publié dans : Cinéma fantastique
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